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L'« écologisme » : la plus grande menace pour l’humanité?

Contre le « choc alimentaire » mondial, stoppons la folie des biocarburants

Spéculation, flambée des prix, pénuries et émeutes de la faim — puisque l’on connaît les causes de la crise, il est grand temps de les éliminer.

Ce à quoi nous assistons aujourd’hui était parfaitement prévisible. Pas moins de trente-trois pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine sont confrontés à des urgences alimentaires et des émeutes de la faim. Il ne fait aucun doute que le monde est menacé d’un « tsunami » alimentaire, qui est la conséquence directe de trois facteurs : la tentative des banques centrales de retarder l’effondrement du système monétaire international en injectant des liquidités financières, la spéculation sur les produits agro-alimentaires et la destruction délibérée de cultures alimentaires pour produire des biocarburants.

La Banque mondiale vient de publier des chiffres alarmants, montrant que le prix du blé a augmenté de 181% au cours des trente-six mois précédant février 2008 et que, globalement, le prix de la nourriture a augmenté de 83% pendant la même période ! Si nous voulons éviter des émeutes à l’échelle mondiale, la disette pour un milliard d’hommes et de femmes, nous entraînant dans une nouvelle ère de barbarie, il faut immédiatement suspendre toute utilisation de denrées alimentaires pour produire des carburants et mettre en oeuvre un programme d’urgence permettant de doubler la production alimentaire à l’échelle de la planète.

Des émeutes de la faim ont déjà éclaté dans les pays suivants : Burkino Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Kenya, Libéria, Mauritanie, Mozambique, Nigeria et Sénégal pour ce qui est de l’Afrique, Bolivie, Guatemala, Haïti, Honduras, Nicaragua et Salvador en Amérique centrale et du Sud, ainsi qu’en Jordanie, en Ouzbékistan et au Yémen. Dans bien d’autres pays, une situation similaire se profile. Pour près de deux milliards d’hommes, de femmes et d’enfants qui souffrent de malnutrition depuis des années, cette explosion des prix est une question de vie ou de mort.

Alors qu’une telle catastrophe était prévisible depuis juillet 2007, date à laquelle l’effondrement financier entra dans sa phase terminale, les émeutes de la faim font soudain l’objet d’innombrables conférences, déclarations et rapports. Cependant, au lieu d’admettre les causes réelles du problème, la presse financière (Economist, Financial Times, Wall Street Journal, etc.), invoquant le dogme de Thomas Malthus, accuse sans vergogne la simple croissance démographique d’une population mondiale en quête d’une alimentation de meilleure qualité. En même temps, elle cloue au pilori des pays comme la Chine et l’Inde, soucieux de protéger leur approvisionnement en nourriture en limitant leurs exportations.

En réalité, cette crise entérine la faillite de la mondialisation, au nom de laquelle on a contraint bon nombre de pays à main d’oeuvre bon marché à exporter de la nourriture au lieu de satisfaire leur propre demande intérieure. Ceci a encore été aggravé par la fuite en avant dans la production à grande échelle de biocarburants, qui reviennent à transformer des produits de forte valeur ajoutée (maïs, céréales, soja) en produits de moindre valeur. Nul besoin de se convertir au castrisme pour reconnaître que Fidel Castro avait parfaitement raison de prévoir que vouloir couvrir les besoins énergétique de la planète avec des biocarburants risquait de coûter la vie à plusieurs milliards d’individus.

La débâcle incontestable de l’éthanol a clairement montré que ni les voitures, ni l’environnement, ni l’agriculture ne profitent de cette folie. Quant à l’impact environnemental, force est de constater que les forêts tropicales ont été saccagées et les tourbières asséchées. De surcroît, le prix du fourrage ne cesse d’augmenter.

Dans ce contexte, il est scandaleux d’entendre nos politiques, aveuglés par leur idéologie, appeler à accroître l’utilisation du bio-diesel. Du point de vue de ses effets sur la situation alimentaire mondiale, le président tchèque Vaclav Klaus a vu juste en qualifiant l’« écologisme » de la plus grande menace pour l’humanité.

Par Helga Zepp LaRouche 12 avril 2008


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